vendredi 12 septembre 2008

Deuxième semaine passée

Du lundi 8 au vendredi 12 septembre

Nouvelle semaine donc achevée avec un week-end qui s'annonce entièrement libre. Gesa est parti en déplacement mardi et mercredi à Munich (München) et jeudi et vendredi à Vienne en Autriche (Wien). Une petite routine s'installe avec la garde des filles, le ménage, le repassage, la préparation des repas. Je ne vais donc pas détaillé toutes les journées, vous trouverez ça fastidieux et moi aussi d'ailleurs.

Le jeudi 11 septembre
Le jeudi est ma journée libre dans la semaine, ainsi que le mercredi à partir de 8h comme je vous l'ai déjà peut-être dit. Cela dépend aussi des horaires de travail de Gesa. Le jeudi donc est consacré à des visites dans la ville. Direction aujourd'hui le Pergamon Museum, situé sur l'île des Musées pour l'exposition temporaire "Babylone Mythe et Réalité" (Babylon Mythos und Wahrheit") Certains d'entre vous ont peut-être eu l'occasion de la voir à Paris au Musée du Louvre puisqu'elle est présentée dans chacun des trois musées partenaires. Elle sera au British Museum de Londres à l'automne prochain.
"Rassemblant pour la première fois des objets venant du monde entier, cette exposition souhaite réconcilier l’histoire et la légende de Babylone.

Sont évoqués le rayonnement et les étapes fondatrices de la ville antique et la manière dont le concept ultérieur d’une Babylone imaginaire prend son origine dans cette réalité historique. Cette nouvelle approche est rendue possible grâce à des études permettant de retracer une histoire qui ne dépende plus fondamentalement des sources bibliques ou classiques tardives.
Les grandes époques de la civilisation babylonienne sont rappelées en s’appuyant sur la présentation de stèles, de statues et statuettes, d’objets précieux, de documents et de textes, de tablettes cunéiformes, de papyrus et de manuscrits.
L’évolution de la représentation mythique et des traditions légendaires symboliques de Babylone est également abordée à travers un ensemble d’imprimés, de dessins, de peintures et de miniatures. Babylone est vue sous un jour historique : l’exposition remonte aux faits réels qui ont engendré la ville. Elle permet ainsi de prendre la mesure de l’héritage culturel de Babylone dans des civilisations contemporaines et postérieures et de redonner à la culture babylonienne sa juste place dans les racines de la culture occidentale. Plusieurs dessins, textes, ouvrages témoignent enfin des phases principales de la redécouverte de Babylone, depuis le XVIIe siècle jusqu’à aujourd’hui."

Ce texte provient du site internet du Musée du Louvre.
L'approche bipartite de l'exposition expliquée par le texte précédent m'a semblé vraiment une approche pertinente dans la conception de l'exposition. Au Pergamon, la bipartition entre "réalité" et "mythe" est renforcée par la séparation physique des deux parties de l'exposition. La partie "réalité" est présentée au sein des collections permanentes du Musée du Proche-Orient (Vorderasiatisches Museum) tandis que le deuxième partie "mythe" est présentée à l'étage supérieur dans un espace exclusivement dédié aux expositions temporaires. La première partie, avec un propos d'ordre archéologique s'intégre parfaitement dans les espaces d'exposition du Musée du Proche-Orient puisque celui-ci conserve une part importante d'oeuvres datant de la civilisation babylonienne. La seconde partie présente des oeuvres de diverses époques, du Moyen-Âge à la période contemporaine, ayant trait aux mythes engendrés par l'histoire de la ville, la construction de la Tour de Babel, la fin apolcalyptique de cette civilisation, les personnages comme le roi Nabuchodonosor, la reine Sémiramis, etc. Se côtoient ainsi des gravures de d'Albrecht Dürer (La Prostituée de Babylone "Die Babylonische Hure", 1496/1497) avec une oeuvre des années 1990 de Danica Dakic (ZID/WALL, 1998, vidéo).
Les audioguides habituellement disponibles pour la visite du musée ont été adapté pour l'exposition. Les commentaires et explications sont vraiment pertinents. Ils sont disponibles en de nombreuses langues y compris le français!

Autour du Scheunenviertel (quartier des Granges)
Après la visite de l'exposition et de quelques parties du musée (Voyez le prochain message publié), j'ai fait une balade à pied dans le quartier autour de l'île des Musées, autour de la Oranienburgerstrasse et de la Augustrasse, un quartier très sympa avec des petits cafés et des galeries d'art contemporain (surtout dans la Auguststrasse). De nombreuses petites rues s'entrelacent , des surprises vous attendent à chaque coin de rue, un charme désuet s'en dégage. C'est aussi le quartier juif, on y découvre plusieurs synagogues très belles. Je n'ai pas pu entrer dans le Centre juif fermé et dont l'entrée était gardée par plusieurs policiers (en communication intense avec leur talkie-walkie). Cette synagogue a brûlé lors de la "fameuse" nuit de cristal (Kristallnacht), du 9 au 10 novembre 2008, où entre 30 000 et 40 000 furent enlevés et déportés dans les camps de concentration. On appelle désormais cette synagogue, la Nouvelle Synagogue qui domine le quartier avec ses coupoles dorées de style mauresque-byzantin. Les rues pavées de la Sophienstrasse sont ombragés de grands arbres et bordées de maisons à deux ou trois étages datant pour la plupart des XVIIIe et XIXe s. J'ai visité également l'église Sainte-Sophie, l'unique église baroque de Berlin (elle est en réparation actuellement). En face, un portail de brique rouge ouvragées ouvre sur la cour de l'ancienne chambre des métiers que fréquenta August Bebel, fondateur du parti social-démocrate, et où Karl Liebknecht, leadre spartakiste, appela les militants à la révolution en novembre 1918.
Ce quartier est appelé le quartier des Granges est un ancien faubourg datant du XVIIe s. À cette époque on y installa des granges pour protéger la ville des incendies; vous verez sur les photos d'ailleurs une immense caserne de pompiers. L'endroit se transforme progressivement en un quartier ouvrier avec l'émergence du Berlin industriel. Et c'est à partir de la fin du XIXe s. que de nombreux juifs venus d'Europe de l'Est s'y installent. Ce quartier, peu bombardé pendant la dernière guerre témoigne bien du Berlin populaire d'avant-guerre. Les grilles qui protègent certains porches dissimulent souvent des enfilades de 7 à 8 cours où vivaient de nombreux artisans et ouvriers. Mais après la guerre et la séparation ensuite de Berlin, l'endroit a été délaissé par les autorités est-allemandes. Depuis la chute du Mur, le quartier reprend vie, de nombreux cafés et restaurants se sont ouverts et des galeries de design et d'art contemporain animent les rues.
C'est dans ce quartier que les Verts (Die Grünen) ont installé leurs bureaux.

Rencontre avec Beate:
J'avais rendez-vous le soir même avec Beate, une jeune allemande de 20 ans sur l'Alexanderplatz, à 18h30. Elle est stagiaire là où travaille Gesa. On a mangé une pizza et on a bien discuté. Elle veut améliorer son français, elle en a besoin pour le travail et on va donc se donner des conseils mutuels et se voir normalement une fois par semaine. Elle est vraiment très gentille et maîtrise le français oral mieux que moi l'allemand oral!!

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